Je ne fais pas mon deuil, je le vis
- 4 août
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Il y a quelque temps, lors de l’étude de mon thème astral, une phrase m’a profondément marquée.
Ma régénération passe par la perte, la chute et l’effondrement.
Sur le moment, cette idée m’a intriguée.
Puis j’ai regardé ma vie.
Et je me suis rendu compte que chacune des grandes transformations que j’avais traversées était née d’un effondrement.
Telle le Phénix qui renaît de ses cendres.
Depuis, une réflexion ne me quitte plus. Et si nous passions notre vie à mourir… pour mieux renaître ?
Je ne parle pas de la mort au sens où nous l’entendons habituellement, je parle de ces petites morts silencieuses qui jalonnent une existence.
La fin d’une relation, la perte d’un emploi, une faillite, un rêve qui s’effondre, le départ d’un enfant, une maladie, une croyance qui vole en éclats, une identité qui ne nous ressemble plus.
Finalement, grandir, c’est accepter de mourir symboliquement des centaines de fois pour laisser naître celui ou celle que nous sommes en train de devenir.
J’aime croire que notre âme est venue sur Terre pour apprendre.
Peut-être qu’au fil d’une vie, elle ne cesse de nous inviter à abandonner certaines versions de nous-mêmes pour nous rapprocher un peu plus de notre véritable nature.
Je ne sais pas ce qu’il existe après la mort.
Mais je crois profondément qu’au cours de notre vie, nous vivons de nombreuses renaissances.
Les psychologues Richard Tedeschi et Lawrence Calhoun parlent de croissance post-traumatique.
Ils ont observé que certaines personnes, après avoir traversé une épreuve importante, développaient une meilleure connaissance d’elles-mêmes, de nouvelles priorités, des relations plus profondes, une spiritualité différente ou encore un nouveau projet de vie.
Cela ne signifie pas que l’épreuve est une bonne chose.
Personne ne souhaite souffrir.
En revanche, certaines souffrances deviennent parfois le point de départ d’une profonde transformation.
Je n’oserais pas comparer ce que j’ai vécu à la perte d’un être cher.
Certaines douleurs sont incomparables, mais je crois aussi qu’il ne faut jamais minimiser une perte sous prétexte qu’elle semble moins grave qu’une autre.
Une perte reste une perte, et lorsque nous minimisons notre souffrance, nous minimisons aussi nos émotions.
Or ce sont précisément ces émotions qui cherchent à nous montrer quelque chose.
On parle souvent de faire son deuil.

Cette expression m’a toujours interrogée.
Le verbe FAIRE laisse entendre qu’il existe une tâche à accomplir.
Comme on fait son ménage, comme on fait ses devoirs, comme on fait son travail.
Alors pourquoi parler de faire son deuil ?
Comme s’il existait un moment où il serait enfin terminé.
Comme si l’on pouvait cocher une case et passer à autre chose.
Aujourd’hui, je ne crois plus à cette expression, je crois que l’on ne fait pas son deuil.
On le vit, et je crois même que vivre est peut-être une succession de deuils.
Nous faisons le deuil de notre enfance, puis de notre adolescence, de certaines relations,de certaines croyances, de certains rêves, de certains métiers, de certaines versions de nous-mêmes.
Le deuil n’est peut-être pas une parenthèse dans la vie.
Il fait partie de la vie.
Alors plutôt que de chercher à “faire mon deuil”, j’ai choisi d’apprendre à le vivre, à l’écouter, à accueillir ce qu’il venait transformer en moi.
En regardant mon propre parcours, je me suis rendu compte que chacune des étapes du deuil avait progressivement changé de visage.
Le choc n’est plus devenu un combat contre la réalité.
Il est devenu :
« D’accord… c’est là. C’est arrivé. Je ne peux pas changer ce qui vient de se produire, mais je peux choisir la manière dont je vais y répondre. »
Le déni est devenu une invitation à écouter ce que je refusais encore d’entendre.
La colère est devenue une question :
« Quel est le message derrière cette épreuve ? »
La peur a cessé de décider à ma place.
La tristesse m’a amenée à une autre interrogation :
« Qui suis-je lorsque tout ce à quoi je m’identifiais disparaît ? »
L’acceptation m’a appris que reconnaître la réalité ne signifiait pas renoncer à vivre.
Le pardon m’a permis de déposer la culpabilité que je continuais à porter.
Puis est arrivée cette étape que je traverse encore aujourd’hui.
La quête de sens.
Pendant longtemps, je cherchais des réponses à l’extérieur.
Puis une phrase s’est imposée à moi.
« Écoute ton âme… elle t’e parle. »
Cette phrase est devenue mon fil conducteur.
Elle m’a conduite vers la créativité, vers la PNL, l’art-Coaching.
Vers toutes ces rencontres qui, peu à peu, m’ont aidée à mieux me comprendre.
Je ne cherche plus seulement à réussir, je cherche à être alignée.
Je ne suis pas certaine d’avoir atteint la sérénité.
Et je crois que c’est très bien ainsi.
La croissance n’est pas une destination, c’est une manière d’habiter la vie.
Aujourd’hui, je regarde mon parcours avec davantage de douceur, je ne vois plus uniquement ce que j’ai perdu.
Je vois aussi tout ce que ces pertes m’ont permis de découvrir.
Je ne remercierai probablement jamais les épreuves pour la douleur qu’elles ont provoquée.
En revanche, je peux remercier la femme que je suis devenue en les traversant.
Parce qu’au fond, je crois que vivre n’est pas éviter les deuils.
Vivre, c’est accepter que certaines versions de nous meurent pour permettre à d’autres de naître.
Et peut-être que c’est cela, finalement, grandir, veillir, la sagesse ...
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J’écris au fil de mes expériences et des réflexions qui les accompagnent. Je ne sais donc jamais à l’avance quelle sera la prochaine page.
Et si nos chemins se croisent ici, alors j’en serai profondément heureuse.
À bientôt, pour la page suivante.
Gaëlle









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