« L’échec n’était pas une option »
Bonjour,
Tout d’abord, merci d’être revenu lire la suite de cette histoire.
Lorsque j’ai publié mon premier article, je ne savais pas vraiment comment il serait accueilli. Écrire ces lignes m’a demandé beaucoup plus de courage que je ne l’imaginais. Alors savoir que tu es de retour aujourd’hui me touche sincèrement.
Dans le précédent article, je te racontais comment le mot RESET s’était peu à peu transformé en ETRES. Je te partageais cette prise de conscience qui m’a amenée à quitter progressivement le FAIRE pour revenir vers l’ETRE.
Mais ce que je ne t’ai pas encore raconté, c’est ce qui a déclenché ce fameux RESET.
Pendant longtemps, je n’ai pas réussi à en parler. Peut-être parce que cette expérience reste encore aujourd’hui associée à l’échec dans l’esprit de beaucoup de personnes. Peut-être aussi parce que j’avais peur du regard des autres. Peur d’être jugée, peur que l’on remette en question tout ce que j’avais construit. Et, pour être totalement honnête, je ne me sentais pas suffisamment solide pour recevoir ces jugements sans qu’ils m’atteignent.
Aujourd’hui, je me sens prête.
Prête à te raconter une partie de cette histoire.
Pas toute l’histoire, car certaines prises de conscience ont mis des mois à émerger et continuent encore de se révéler aujourd’hui. Mais suffisamment pour te permettre de comprendre pourquoi la lumière s’est éteinte un jour, et pourquoi j’ai dû partir à la recherche d’une nouvelle façon d’avancer.
Pour comprendre ce qui s’est passé, il faut revenir quelques années en arrière.
À cette époque, ma vie tournait autour d’un rêve que j’avais construit pierre après pierre.
Après un divorce vécu comme un échec, sans économies et avec beaucoup plus d’envie que de certitudes, j’ai décidé de quitter mon CDI pour créer Fleur Enchantée. Je me suis lancée dans cette aventure avec une conviction profonde : je réussirais.
Pendant les treize années qui ont suivi, une phrase m’a accompagnée chaque jour :
“L’échec n’est pas une option.”

Cette devise m’a portée, motivée et poussée à me dépasser. Elle m’a aidée à traverser les périodes difficiles et à continuer lorsque tout semblait compliqué. C’est aussi autour d’elle que j’ai construit une grande partie de mon identité.
Les années ont passé et, petit à petit, mon rêve est devenu réalité. Fleur Enchantée a grandi, l’entreprise s’est développée, sa notoriété s’est installée et mon travail a commencé à être reconnu bien au-delà de La Réunion.
Pourtant, sans que je le réalise encore, quelque chose était déjà en train de se mettre en place.
En 2022, je reçois un courrier m’informant d’un contrôle fiscal. Je n’ai rien à cacher et j’aborde cette étape avec sérénité. Bien sûr, ce n’est jamais agréable, mais j’y vois surtout l’occasion d’apprendre et de vérifier que tout est conforme.
En 2023, l’entreprise connaît une croissance exceptionnelle, le chiffre d’affaires triple.
Sur le moment, je me réjouis.
Je suis loin d’imaginer que cette progression rapide va entraîner des conséquences que je n’ai pas anticipées.
Quelques mois plus tard, les appels de charges sociales et fiscales tombent.
Les montants sont vertigineux.
Je cherche des solutions, je prends rendez-vous avec les impôts pour trouver une issue, persuadée qu’il existe forcément un moyen de traverser cette difficulté.
Et c’est au cours de cet entretien qu’une phrase va faire basculer toute mon histoire :
“Vous devriez envisager un redressement judiciaire.”
REDRESSEMENT JUDICIAIRE.
Deux mots.
Deux mots qui, à cet instant précis, ont résonné en moi comme un coup de tonnerre.
Je me souviens être sortie de ce rendez-vous complètement sonnée. J’entendais ce que l’on me disait, mais je ne comprenais pas vraiment ce que cela signifiait encore. Une seule chose occupait mon esprit : comment pouvais-je en être arrivée là ?
Pendant des années, j’avais travaillé sans compter, j’avais construit cette entreprise avec passion. J’avais sacrifié du temps, de l’énergie, des week-ends, des vacances et parfois même des moments précieux avec mes enfants. J’avais toujours pensé que le travail, la persévérance et la volonté finissaient par payer.
Alors pourquoi ?
Pourquoi moi ?
Pourquoi maintenant ?
Et surtout, qu’allaient penser les autres ?
Avec le recul, je réalise que ce n’est pas la procédure elle-même qui m’a le plus effrayée.
Ce qui me terrorisait, c’était le regard que je portais sur moi-même, je voyais déjà les jugements.
Je m’imaginais les commentaires, je me demandais ce que penseraient mes clients, mes partenaires, mes proches.
Je me demandais si toutes ces années de travail allaient être réduites à deux mots : “redressement judiciaire”.
J’avais l’impression que toute ma valeur était remise en question.
Pourtant, lorsque j’ai commencé à me renseigner sur cette procédure, j’ai découvert une réalité bien différente de celle que j’imaginais.
Le redressement judiciaire n’était pas une condamnation.
C’était une période d’observation destinée à donner une chance à l’entreprise de se réorganiser. Pendant plusieurs mois, un administrateur judiciaire allait analyser la situation et présenter régulièrement un état des lieux au tribunal afin de déterminer si l’entreprise pouvait poursuivre son activité.
Sur le papier, cela semblait rationnel, mais émotionnellement, c’était une toute autre histoire.
Tous les trois mois, un nouveau bilan devait être présenté.
Tous les trois mois, j’attendais une décision.
Tous les trois mois, j’avais l’impression qu’une épée de Damoclès était suspendue au-dessus de ma tête.
Pendant un an, j’ai vécu avec cette sensation permanente d’incertitude.
Et c’est à ce moment-là que ma devise est devenue mon plus grand fardeau.
Pendant treize ans, j’avais avancé avec cette conviction :
“L’échec n’est pas une option.”
Cette phrase m’avait portée, elle m’avait permis de me dépasser, elle m’avait poussée à croire en mes capacités.
Mais face à cette situation, elle se retournait contre moi.
Car si l’échec n’était pas une option, alors que signifiait ce que j’étais en train de vivre ?
Était-ce la preuve que je n’étais pas à la hauteur ? Était-ce la preuve que j’avais échoué ?
Pendant longtemps, j’ai cru que le plus difficile dans cette histoire était de sauver mon entreprise.
Aujourd’hui, je crois que le plus difficile a été d’accepter que ma valeur ne dépendait pas de ma réussite.
Cette épreuve a fissuré quelque chose en moi, et c’est précisément par cette fissure qu’une autre lumière a commencé à entrer.
Petit à petit, ma façon de voir les choses a évolué, ma devise s’est transformée.
“L’échec n’est pas une option” est devenue “L’échec fait partie de l’expérience.”
Cette phrase a tout changé.
Elle ne retirait pas la douleur, elle ne supprimait pas la peur, mais elle m’autorisait enfin à être humaine.
À apprendre.
À me tromper.
À recommencer.
Quelques années plus tard, en découvrant la PNL, j’ai retrouvé cette idée dans plusieurs présupposés qui ont profondément résonné en moi.
Le premier est sans doute celui qui m’accompagne le plus aujourd’hui :
“Il n’y a pas d’échec, seulement du feedback.” une phrase attribuée à Henry Ford
Ou encore “Échouer, c’est avoir la possibilité de recommencer de manière plus intelligente.”
Une autre idée m’a également beaucoup aidée :
“L’erreur est une étape sur le chemin de l’apprentissage, donc de la réussite.”
À l’époque, je ne connaissais pas encore la PNL.
Mais avec le recul, je crois que c’est précisément ce que la vie essayait de m’enseigner.
Ce que je prenais pour un effondrement était peut-être en réalité une invitation à apprendre autrement.
Une invitation à regarder mes erreurs non plus comme des preuves de mon incapacité, mais comme des informations précieuses pour la suite du chemin.
Et pourtant, malgré cette prise de conscience, il restait encore un obstacle à franchir.
Car accepter ses propres erreurs est une chose, faire face au regard des autres en est une autre.
Si cette épreuve m’a appris une chose, c’est que nos plus grandes batailles ne sont pas toujours celles que l’on croit.
Avec le recul, je réalise que le redressement judiciaire n’a pas été la partie la plus difficile de cette histoire.
La partie la plus difficile a été de faire face au regard que j’imaginais dans les yeux des autres. Le jugement, la honte, la peur de décevoir, la peur que l’on réduise treize années de travail à une seule épreuve.
C’est de cette traversée dont je vous parlerai dans le prochain article.
En laissant votre adresse e-mail, je pourrai simplement vous prévenir lorsqu’un nouvel article sera publié ou lorsqu’un nouveau projet verra le jour.
Et si nos chemins se croisent ici, alors j’en serai profondément heureuse.
À bientôt pour la suite du chemin.
Gaëlle









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