« Le regard des autres ne définit pas ma valeur »
Bonjour mes lecteurs,
Et merci encore d’être au rendez-vous.
J’ai passé les quinze dernières années de ma vie à créer du beau. J’ai accompagné des centaines de couples dans l’un des plus beaux jours de leur vie. L’esthétique, la performance, l’exigence faisaient partie de mon quotidien. Je voulais que chaque mariage soit plus beau que le précédent, que chaque détail raconte une histoire. Cette quête est devenue mon moteur.
Lorsque j’ai créé Fleur Enchantée, je n’avais rien, si ce n’est une idée très claire de l’endroit où je voulais aller. Je suis partie de zéro, mais je savais exactement où je voulais emmener cette entreprise. Alors j’ai travaillé sans relâche. Petit à petit, ma vie est devenue mon entreprise, et mon entreprise est devenue ma vie.
À travers elle, j’avais construit une notoriété, une crédibilité… mais aussi une partie de ma valeur.
Au fil des années, Fleur Enchantée est devenue bien plus qu’une entreprise.
Elle est devenue une identité.
Lorsque les mariés étaient heureux, je me sentais heureuse.
Lorsque les projets étaient réussis, je me sentais réussie.
Lorsque l’entreprise grandissait, j’avais le sentiment de grandir avec elle.
Sans même m’en rendre compte, j’avais fini par confondre ce que j’étais avec ce que j’avais construit.
Alors, lorsque le redressement judiciaire est arrivé, des questions ont commencés à me hanter.
Et si elle disparaissait ? Qu’est-ce que je deviendrais ? Qui serais-je sans elle ?
Qu’est-ce que les autres penseraient de moi ?
Une rupture que je n’avais pas choisie
Aujourd’hui, lorsque je relis ces questions, je comprends qu’elles parlaient de bien plus qu’une entreprise.
Elles parlaient de moi.
Si je devais comparer ce que j’ai ressenti à cette période, je parlerais d’une rupture.
Tu as déjà connu une grosse rupture que tu n’avais pas choisie ? Cette rupture qui arrive sans que tu sois prête.
Celle que tu refuses d’accepter parce qu’elle ne faisait absolument pas partie ce que tu as imaginé. Tu continues d’avancer, de sourire, de faire comme si tout allait bien, alors qu’au fond de toi, tu sens déjà que quelque chose vient de se casser.
C’est exactement ce que j’ai ressenti.
Lorsque j’imaginais que Fleur Enchantée puisse disparaître, j’avais le cœur qui se déchirait, la poitrine serrée et la tête qui tournait. Rien que d’y penser me donnait la sensation que l’on m’arrachait une partie de moi.
Car à cette époque, je ne pensais pas :
“Si mon entreprise disparaît, je construirai autre chose.”
Je pensais simplement : “Si elle disparaît… je disparais.”
Le silence

Avec le recul, je crois que parler aurait été la meilleure chose à faire.
Me confie, dire que j’avais peur, dire que je doutais, dire que je ne savais plus où j’allais, mais je me suis tue.
Je me suis tue parce qu’il était hors de question que les gens puissent penser que j’avais échoué. Hors de question qu’ils me voient comme une femme faible ou incapable. Je voulais continuer à être celle qui gère tout, celle qui trouve toujours des solutions, celle qui ne laisse rien paraître.
Alors j’ai tout gardé pour moi, mes peurs.
Mes doutes, mes scénario, j’ai traversé cette période dans une immense solitude.
La chaise autour de laquelle on tourne
Pendant longtemps, j’ai cru que ce qui me faisait peur, c’était le redressement judiciaire.
Aujourd’hui, je sais que ce n’était pas vrai, ce qui me faisait réellement peur, c’était le jugement.
Le jugement du tribunal tous les trois mois, le jugement de mes clients, le jugement de mes proches.
Mais surtout…
Le jugement que j’imaginais dans les yeux des autres.
Je ne voulais pas disparaître, je ne voulais pas être montrée du doigt.
Je ne voulais pas devenir cette personne dont on parle à voix basse.
Dans ma tête, je me voyais assise sur une chaise pendant que les autres tournent autour en rigolant, en commentant mes erreurs, en oubliant tout ce que j’avais construit pendant quinze ans.
Cette image m’a poursuivie longtemps.
Aujourd’hui encore, elle me touche.
Parce qu’elle raconte la peur que j’avais de perdre bien plus qu’une entreprise.
J’avais peur de perdre la valeur que je croyais avoir construite grâce à elle.
Ce qui s’est effondré
Avec le temps, j’ai compris que cette épreuve venait toucher une croyance beaucoup plus profonde. Je croyais que ma valeur dépendait de ce que je réussissais.
Je croyais que ma légitimité dépendait du regard des autres.
Je croyais que si les gens continuaient à m’admirer, alors j’avais de la valeur.
Mais si leur regard changeait… Que resterait-il de moi ?
Cette question m’a accompagnée pendant des mois.
Et c’est probablement elle qui a le plus participé à mon RESET.
Ce qui est resté debout
Un jour, j’ai compris que tant que je continuerais à laisser le regard des autres définir ma valeur, je resterais prisonnière de cette peur.
Il fallait que quelque chose change.
Pas le regard des autres, le mien.
J’ai alors commencé à travailler sur moi, à lire, à me former et à essayer de comprendre pourquoi cette peur avait autant de pouvoir sur ma vie.
C’est à ce moment-là que j’ai découvert les travaux de Carl Rogers.
Il parle de ce qu’il appelle le regard conditionnel. C’est ce moment où notre sentiment de valeur dépend de l’approbation des autres. Nous nous sentons légitimes uniquement lorsque nous sommes appréciés, reconnus ou validés.
En lisant ces lignes, j’ai eu l’impression qu’il mettait des mots sur ce que je vivais depuis des années.
Puis j’ai découvert une autre notion qui m’a profondément touchée : le regard inconditionnel.
Le regard inconditionnel, c’est lorsque notre valeur ne dépend plus de ce que les autres pensent de nous. Elle ne dépend ni de nos réussites, ni de nos échecs, ni des compliments, ni des critiques. Elle repose sur quelque chose de beaucoup plus profond : l’acceptation de qui nous sommes, avec nos forces, nos fragilités, nos réussites comme nos imperfections.
En refermant ce livre, je me suis rendu compte que c’était exactement le chemin que j’étais en train d’emprunter, sans même le savoir.
Pendant des années, j’avais cherché ma valeur à l’extérieur de moi, à travers mon entreprise, à travers la réussite, à travers le regard des autres.
Aujourd’hui, j’apprends doucement à la retrouver à l’intérieur.
Je ne prétends pas y être arrivée, ce serait mentir, mais chaque fois que je choisis d’être authentique plutôt que de chercher à paraître parfaite, j’ai l’impression de faire un pas de plus vers cette liberté.
Mais si je suis capable d’écrire ces lignes aujourd’hui, c’est probablement parce qu’une partie de moi a commencé à croire que je pouvais être pleinement moi-même, avec mes réussites, mes erreurs, mes doutes et mes apprentissages.
C’est aussi pour cette raison que je t’emmène avec moi dans cette exploration.
Parce que si mon histoire peut aider une seule personne à se sentir un peu moins seule dans ses propres traversées, alors elle aura déjà trouvé sa place.
Dans le prochain article, je te partagerai les différentes étapes du deuil que j’ai traversées durant cette période et la manière dont elles ont progressivement transformé mon regard sur cette épreuve.
En laissant ton adresse e-mail, je pourrai simplement te prévenir lorsqu’un nouvel article sera publié ou lorsqu’un nouveau projet verra le jour.
Et si nos chemins se croisent ici, alors j’en serai profondément heureuse.
À bientôt pour la suite du chemin.
Gaëlle









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